La pause café

Publié le par JB

     Il est 3 heures, vous n'avez toujours pas dîné. Arrêtez la rédaction de votre dernier Java, laissez votre console tranquille, elle ne vous a rien fait. Lâchez Empathy, coupez XChat, ne parlez plus aux gens. Facebook est down, Gmail n'a pas de nouveau message pour vous, et même Google vous en veut. DanstonChat affiche une page blanche, vous connaissez par coeur toutes les VDM. Lucid Lynx arrive dans plus d'un mois, Gnome 3 à la rentrée prochaine. Votre disque dur commence à gratter méchamment, et votre connexion est faiblarde.

     C'est le moment, vous en avez peur, de lâcher votre ordinateur, de fermer les yeux, et de penser. Vous pensez à tout, à rien : La gamelle de Mephisto est vide, il devrait bientôt miauler. Il n'y a plus de cookies, il faudrait en racheter. Le fauteuil devient inconfortable, comme s'il vous forçait à vous lever ; vous obéissez. Après avoir manqué de trébucher, comme tous les jours, sur ce vieil étui de guitare - il n'a pourtant pas bougé depuis la dernière fois - vous attrapez difficilement cette poignée et parvenez à vous échapper vers le salon. Tout est noir, l'ampoule est grillée. Décidément, le monde s'abat sur vous. Vous vous glissez entre les meubles, pour atteindre le "frigogidaire", et esquissez un sourire : ils étaient drôles, les Inconnus. Il n'y a rien qui vous convienne, tant pis. A votre droite, le paquet de sucre, et la cafetière : il reste tout de même une dosette. Une Senseo. Arôme vanille, vous vous en contenterez.

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     Une vieille musique traîne dans votre tête, impossible de l'identifier. Elle n'a pas dû soulever les foules : vous vous en seriez souvenus. Longtemps que vous ne l'avez pas entendue, ce n'est pas devenu un de ces "best" que l'on entend souvent sur les ondes, comme Another Brick in the Wall ou We Will Rock You. Un bon vieux rock, c'est certain. Années 80, 70 peut-être même. Cette basse agressive vous hante l'esprit, ces choeurs deviennent insupportables. Il vous faut retrouver cet album.
    Il est sûrement dans votre discothèque personnelle. Vous sortez votre iPhone pour éclairer cette jolie collection qui vous vient de votre père, et de cette époque où vous vous rendiez chez votre disquaire favoris dès que vous aviez quelques pièces. Johann Sebastian Bach, Toccata et fugue en Ré mineur : sûrement pas ! Le quartet de Dave Brubeck dans Time Out et son célèbre Take Five : Non, trop propre et musical. Le grand Back in Black d'AC/DC ... Non, vous l'auriez reconnu. Le tout premier Santana ... toujours pas, les teintes ne sont pas du tout latines, vous cherchez beaucoup plus rock. Paranoid de Black Sabbath ? Vous vous approchez du résultat, mais la voix n'est pas celle d'Ozzy. Une pochette bleue sort un peu du lot ... un genre de secte, où les membres forment une pyramide. Chacun tient entre ses mains une ... huitre. Blue Öyster Cult, ça pourrait bien être ça. L'album Fire of Unknown Origin, en 1981. Chez Columbia. La version CD. Heureusement : vous n'avez plus cette vieille platine 33 tours.

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     Vous allumez votre ampli à lampes, il vous a coûté un bras mais le résultat est là. Les lampes chauffent, vous êtes proches de la libération, un torrent de sueur s'écoule sur votre visage. De ce que vous vous en souvenez, Blue Öyster Cult, c'est vraiment un groupe magnifique. Largement sous-estimé. Peut-être à cause de sa formation instable : 9 batteurs, 7 bassistes, les fans partent avec les membres. Dommage. Vous mettez le CD dans le lecteur ...

     Premier morceau, ça commence fort. Orgue puissant, guitares presque funk, et une voix, LA voix d'Eric Bloom vous enchante. Des solos de guitares arrivent, le morceau est majestueux. Un groove très accrocheur, vous revenez 30 ans en arrière. Quelques minutes plus tard, Burnin' For You : un succès mérité. Une intro trompeuse, s'en suit un premier couplet accrocheur mais calme. Le refrain est mythique ! Troisième morceau, Veteran of the Psychic Wars, il est là. Vous le cherchiez, c'est celui-là, aucun commentaire n'est possible. Vous planez, rêvez, assis sur votre vieux fauteuil.
Don't let these shakes go on
It's time we had a break from it
Le morceau est intense, les soli grandioses, vous le repassez plusieurs fois. Vous vous arrêtez ensuite sur Vengeance, il suit très bien l'ambiance de ce court album, moins de 40 minutes.
Joan Crawford vous réveille, après une courte intro au piano. La musique est simplement magique.
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Pour sûr que cette fois-ci, vous ne l'oublierez plus. Et vous pouvez aller vous coucher l'esprit libéré, vos problèmes ne sont plus vos soucis, et vous êtes certains d'avoir redécouvert un groupe intéressant, vous êtes certains de ne pas avoir perdu votre temps, et puis qu'importe, vous n'êtes pas là pour vous en préoccuper.

En souhaitant une bonne fin de week-end à tout le monde, et en espérant que vous ayez apprécié cet article qui sort un peu de notre principal sujet.
JB

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